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Chronique Août 2026
« Flesh is a highly malleable thing,
constantly shifting its depository layers
between the demands of the internal and the external environments. »
Deane Juhan, Job's Body« La peau est une matière d’une immense malléabilité,
qui module sans cesse ses structures
selon les besoins des mondes intérieur et extérieur. »
Dean Juhan, Job's Body (Le corps de Job)La peau est le plus grand organe du corps. Deux mètres carrés de tissu vivant, sensible, en perpétuelle conversation avec ce qui l'entoure. On la soigne souvent pour son apparence, c'est bien, elle fait bien davantage : elle protège, elle absorbe, elle établit la relation entre notre monde intérieur et l'environnement extérieur. Elle n'est pas que biologique, pas que mécanique. A son contact il se passe autre chose, elle capte ou réagit aux émotions.
Elle est le plus grand organe de communication, elle informe de la température, des contacts tantôt agressants, tantôt rassurants parfois guérissants. Elle a sa propre intelligence, la chair de poule au froid ou à l'effroi. Nourrissante : quelques minutes de soleil suffisent pour qu'elle transforme la lumière en vitamine D. Guérissante aussi : elle se referme, se régénère, se répare via le système immunitaire souvent sans qu'on y pense.
Quand Deane Juhan parle de malléable, il ne parle pas de mollesse. Il parle de cette capacité qu'a la peau de se moduler en permanence, dans sa relation avec les muscles, les viscères, les fascias, la pression, le toucher. Un équilibre dynamique, toujours en ajustement. Un peu comme le « silly putty » : souple, réactif, capable de reprendre forme, à condition qu'on continue de le travailler.
Ce que l'on comprend moins intuitivement, c'est que cette négociation ne s'arrête pas à la surface. La peau est le premier maillon d'une chaîne qui descend vers l'intérieur, couche après couche, enveloppe après enveloppe. Les fascias superficiels, puis profonds, jusqu'au périoste. Les compartiments musculaires. Les enveloppes de fascias qui enveloppent les organes. Le péritoine qui baigne les viscères abdominaux. Tout ce monde intérieur est suspendu dans un jeu subtil de pressions, de glissements, de respirations silencieuses.
Tous les touchers l'influencent et souvent bien plus profondément qu'on ne le pense à première vue, pensons à la thérapie crânio sacrée avec ses pressions de quelques grammes.
La respiration en est le moteur principal. À chaque inspiration, le diaphragme descend et déplace subtilement les organes, foie, estomac, intestins et leurs associés, dans un ballet lent et invisible, des milliers de fois par jour. Les viscères ont besoin de glisser pour bien fonctionner. Jean-Pierre Barral nous en parle avec éloquence : chaque organe a sa mobilité propre, et pour que cette liberté de mouvement existe, toutes les enveloppes qui l'entourent doivent rester souples, perméables au changement.
Une peau tendue, des fascias adhérents, des muscles chroniquement contractés, c'est comme revêtir un vêtement trop serré. Pas seulement inconfortable en surface : c'est aussi une réduction de l'espace disponible pour tout ce qui vit en dessous. Une limitation de la mobilité, j'oserais dire que cela peut se refléter sur notre mental. Comment se sentir libre dans un corps coincé ? Les organes compensent, se fixent parfois, entraînant des distorsions posturales que l'on attribue trop vite au vieillissement ou à la fatalité. Il n'est jamais trop tard pour s'améliorer.
« Être bien dans sa peau » ça commence justement par la peau.
Plusieurs disent « j'ai la couenne dure », valorisant pour plusieurs. C'est précisément dans cet espace-là que le travail devient intéressant. Comment passer au-delà de cette carapace pour retrouver une sensibilité « normale » qui nous permet d'être en contact avec notre corps ?
La peau est un organe vivant, l'exercer, la tonifier, l'assouplir, c'est la garder dans cet entre-deux fertile. Ni flasque ni blindée. Disponible.
Quand une main se pose lentement, à l'écoute, et propose un mouvement doux, les afférences C-tactiles s'éveillent (i). Ces récepteurs particuliers, sensibles précisément à la lenteur du contact, envoient un signal de sécurité au système nerveux. C'est l'insula qui reçoit l'information, et à son tour, elle facilite la sécrétion d'ocytocine. Quelque chose se modifie, en dessous du seuil conscient, avant même que le receveur n'ait eu le temps de nommer ce qui se passe.
Ce relâchement en surface n'est pas la fin du processus, c'en est le début. Le fascia superficiel libère le compartiment musculaire sous-jacent. Le muscle qui retrouve du jeu restitue de l'espace aux structures voisines. Les viscères retrouvent leur amplitude naturelle. C'est le début d'une cascade, du dehors vers le dedans, de la périphérie vers la profondeur.
Et tout le système nerveux s'en mêle. Golgi, Pacini, Ruffini et leurs complices envoient leurs signaux rassurants vers le cerveau, qui complète la boucle et autorise les tissus à relâcher ce qu'ils tenaient. Les tissus parlent avant qu'on les interroge. Les mains savent avant les mots.
Only the tissues know
Jean-Pierre Barral, d.o.C'est peut-être ça, au fond, ce que les ondulations thérapeutiques cherchent à chaque séance. Non pas changer le corps de l'extérieur. Mais rappeler à la peau, et à tout ce qu'elle contient, qu'elle sait encore négocier, qu'elle peut être entendue sans avoir à crier, que la main du thérapeute sera une bonne « oreille ». A chacun de développer cette écoute.
Dans cette exploration de la peau je me suis interrogé sur un cerveau de la peau? Sujet délicat. Eh bien non,la peau abrite un nombre impressionnant de « capteurs » (mécano-récepteurs, c-tactiles, thermo récepteurs) mais ne prend pas de décision, elle envoie des signaux au « grand patron » qui à son tour gère tout ça.
La peau, un autre cerveau? Non! Et pourtant, messagère sans pouvoir décisionnel, elle reste la voie la plus directe vers le système nerveux. Le toucher conscient, présent i ii, a des effets qui dépassent les muscles, ça englobe tout l'être. S'apaiser, apaiser le mental, apaiser les muscles, c'est agir sur la globalité.
« Je n'aime pas être touché » est une phrase que j'entends assez souvent. Je la respecte beaucoup, cette phrase qui en dit plus que les mots.
La réponse courte, la personne a été molestée plus tôt dans sa vie. C'est une réponse superficielle au jugement facile.
Regarde profondément pour mieux comprendre.
Thich Nhat HanhEn y regardant de plus près, une autre piste se dessine, moins spectaculaire mais tout aussi réelle : un système nerveux périphérique resté sur-excité.
C'est bien documenté que chez le jeune enfant, les voies sensorielles sont encore en pleine maturation, et la discrimination tactile, distinguer un toucher léger d'un toucher menaçant, n'est pas aussi fine que chez l'adulte. C'est ce qui explique, entre autres, pourquoi certains enfants sont si chatouilleux. Chez certains adultes, ce filtre ne s'est jamais tout à fait raffiné.
Réponse courte, hi hi : votre système nerveux a gardé sa jeunesse.La cause précise? Je ne sais pas. Comprendre la cause ne donne pas nécessairement la solution, et ce n'est pas mon rôle en tant que massothérapeute. Si la personne désire dépasser cet état, l'approche respectueuse, les bercements, les mouvements parfois subtils peuvent parfois rejoindre ce système nerveux et l'apaiser.
© Louis-Michel Martel 2026Toucher le corps,
c'est s'approcher de la paix intérieure.i Revue ma Julie, L’art du toucher, décembre 2024
iiRevue ma Julie, L’art de la présence, mai 2025
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Chronique juin 2026: Le rôle de la sensation
Êtes-vous sensationnel ? – Revuemajulie cliquez sur le lien
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Êtes-vous sensationnel ?
La sensation comme outil de croissance
Et si le plaisir n’était pas une récompense, mais un aliment ? Et si bien se sentir, littéralement, c’était déjà se soigner ?
Imaginez un instant. Vous sortez d’une longue journée. Vous enfilez ce vieux chandail un peu doux qui sent bon. Vous vous laissez tomber sur le sofa, une tasse de thé chaude entre les mains. Quelqu’un, sans rien dire, pose une main sur l’épaule juste pour être là. Pas de paroles, mais c’est éloquent. Vos épaules descendent d’un cran. Votre respiration s’allonge. Quelque chose en vous, qui était sur le qui-vive depuis des heures sans même que vous le sachiez, lâche enfin prise. La sensation vient d’opérer. Le toucher sans but a su agir sur votre être.
Ce qui vient de se passer, là, n’est pas anodin. Ce n’est pas un détail charmant de la fin de journée. C’est de la médecine.
La vigie qui ne dort jamais
Il y a, quelque part à l’intérieur de vous, une vigie. Elle ne dort jamais. Perchée dans sa tour, elle scrute l’horizon à chaque instant : le bruit, la lumière, la température, la pression, l’équilibre, la faim, la douleur. Son rôle est de veiller. Et elle le fait remarquablement bien.
Cette vigie, c’est votre système nerveux. Et comme la sentinelle d’un fort médiéval, il est câblé pour l’alerte. Il enregistre tout : un courriel urgent, une notification, une lumière trop vive, le ton sec d’un collègue. Pour lui, un signal est un signal. Les signaux s’accumulent, il tourne à plein régime, et ça fait quoi un moteur qui tourne à plein régime? Devinez, imaginez …
Mais ce même système nerveux a une autre faim, dont on parle beaucoup moins : il a besoin d’être nourri. Pas seulement protégé du stress, pas seulement reposé. Nourri. Et sa nourriture à lui, c’est la sensation. À moi de choisir sa nourriture, fast food ou cuisine mijotée maison. Plus précisément : la sensation agréable, douce, lente, sans surprise. Celle qui dit au corps, dans son langage à lui : tu peux baisser la garde. La sensation, ce sont les mécanorécepteurs qui l’envoient au système nerveux.
Le plaisir comme aliment
Pensez-y. Le vêtement qui glisse bien sur la peau, sans tirer, sans gratter, la doudou, la chemise confort, l’eau chaude d’un bain qui enveloppe les épaules, le grain d’une serviette moelleuse après la douche, la main d’un enfant dans la vôtre. C’est aussi le rire qui monte, sincère, en bonne compagnie, une bouchée d’un plat préparé avec soin, un vin qui s’ouvre lentement, le soleil sur le visage en mai.
Ces moments-là, on les classe souvent dans la catégorie « petits bonheurs » comme si c’était secondaire, accessoire, un peu superflu comme des collations. La vraie vie serait ailleurs : dans le travail, dans les obligations, dans ce qu’on accomplit. Le plaisir, lui, viendrait après. Quand on aura le temps. Quand on l’aura mérité.
Et si on s’était trompé d’ordre ?
Il y a un livre fascinant, Les vertus du plaisir (1), qui propose précisément cette inversion : les sensations agréables ne sont pas une pause dans la vraie vie. Elles sont une forme d’alimentation. Comme on mange pour nourrir le corps, on a besoin de sentir bon, de toucher du beau, d’entendre du doux pour nourrir le système nerveux. Et un système nerveux bien nourri, c’est un système qui se défend mieux, qui dort mieux, qui respire mieux. Qui vit mieux, tout simplement.
L’idée a quelque chose de presque révolutionnaire dans une culture qui valorise l’effort, la performance et la résilience comme vertus suprêmes, qui nous dit de « garder le rythme » dans une publicité. Se faire du bien ne serait pas paresse. Ce serait une stratégie biologique fondamentale.
Ce que les mains savent dire
De toutes les sensations qui nourrissent, il y en a une dont l’effet est particulièrement profond : le toucher. C’est le premier sens à se développer chez le bébé, bien avant la vue. C’est aussi celui qui parle le plus directement au système nerveux, parce qu’il agit à l’endroit même où se trouve la majorité de nos capteurs sensoriels : la peau, ce grand organe qui nous enveloppe et qui ne ment jamais. Pensez à l’expression « j’en ai eu la chair de poule », cette phrase qui exprime bien une frayeur et son effet sur la peau.
Mais attention : tous les touchers ne se valent pas. Il y a la poignée de main distraite, la tape sur l’épaule pressée, le contact mécanique. Et puis il y a autre chose. Un toucher pleinement présent, attentif, qui ne cherche pas à corriger ou à réparer, mais à écouter, àconverser. Une main qui se pose, large, enveloppante, et qui dit simplement : je suis là, tu es en sécurité, prends ton temps. Ça, c’est le propre des Ondulations thérapeutiques.
C’est cette qualité de contact que je tente de transmettre à mes clients depuis bientôt trente ans dans ma pratique. Et c’est cette qualité, je le constate séance après séance, qui change quelque chose en profondeur. Pas seulement dans les muscles qui se détendent, oui. Mais dans la qualité du fond. Rappelons-nous cette parole de Ida Rolf, cette grande dame des approches corporelles : It is not how deep you go, it is how you go deep. C’est comment rejoindre la personne dans la profondeur. C’est alors que la respiration s’allonge sans qu’on y pense, que le regard s’apaise. Dans cette phrase qui revient si souvent en fin de séance : « Je n’étais pas endormi, je me sentais simplement en paix, pas de mots, juste l’immense sensation de paix. » Imaginez l’impact sur le système nerveux !
C’est le cœur de ce que j’appelle les ondulations thérapeutiques et de ce que Milton Trager, le fondateur de l’approche du même nom , explorait déjà il y a des décennies avec une intuition remarquable. Des mouvements respectueux, rythmés, des bercements qui ne cherchent pas à forcer le relâchement musculaire, mais à le suggérer, à dialoguer avec le corps, lui proposer de lâcher. Le système nerveux, lui, comprend tout de suite. Il reconnaît le langage ; le mental, lui, a besoin d’être éclairé pour accepter que ce n’est pas une gâterie. Il sait que dans cette mer-là, il peut nager sans crainte dans l’océan des sensations, cet océan parfois pas très propre, mais navigable.
Une mer qui change d’humeur
Parce que oui, nous vivons dans une mer de sensations. Du matin au soir, sans répit. Parfois, cette mer est calme, lumineuse, accueillante, c’est le café partagé en silence avec quelqu’un qu’on aime, la marche dans le bois après la pluie, la couverture qu’on remonte sur soi un dimanche matin. Le système nerveux flotte. Il respire. Il se nourrit. Il prend un rythme plus fluide qui ouvre la porte à l’intuition du moment, à l’appréciation du moment.
Et parfois la mer se lève : trafic, écrans, exigences, échéanciers, tensions, c’est comme un bruit de fond constant qui n’arrête jamais. Les vagues se succèdent, la suivante arrivant avant même que la précédente ait accompli son retour, sans laisser le temps de reprendre son souffle. La vigie, dans sa tour, ne sait plus où donner de la tête, elle est sur-sollicitée. Ce qui devait nourrir se met à l’épuiser.
Car la sensation devient une lame à double tranchant. Ce qui peut bercer peut aussi épuiser : « brain fry », le cerveau qui grille. Tout dépend de la qualité, du dosage, du rythme et surtout de ce qui va alimenter et nourrir le système nerveux.
Quand la sensation épuise
S’il fallait une preuve que les sensations agissent profondément sur la biologie, on la trouve dans une étude clinique menée par l’institut HeartMath, aux États-Unis, connu pour ses travaux sur la cohérence cardiaque. Les chercheurs ont demandé à des participants de se remémorer une colère vécue, pendant cinq minutes seulement, je dis bien remémorer. Le résultat : un affaiblissement mesurable du taux d’IgA, un marqueur clé du système immunitaire, et cet affaiblissement persistait pendant environ six heures. (2)
Cinq minutes de colère ressassée. Six heures d’immunité diminuée. Une redoutable efficacité (sic).
Si la sensation négative peut faire ça, imaginez l’effet inverse. Imaginez ce que peuvent faire, sur la même biologie, cinq minutes de gratitude sincère, de rire avec un ami, de chaleur reçue par un toucher attentif. C’est exactement ce que la recherche commence à confirmer : les sensations agréables, loin d’être de simples bonbons, sont des stimulations physiologiques qui renforcent activement le système immunitaire, modulent le rythme cardiaque, calment l’inflammation.
On comprend alors pourquoi tant de gens sortent d’une bonne séance d’ondulations avec l’impression d’avoir gagné quelque chose, et pas seulement perdu une tension. Quelque chose s’est déposé. Le système nerveux a été nourri. Le corps est détendu et il ressent un regain d’énergie. Paradoxal ? Non, une logique que l’énergie utilisée à garder les muscles sous tension devient disponible pour autre chose. Le commentaire d’une cliente après sa première séance, « Ma tête voulait dormir, mon corps voulait danser », est d’une éloquence rare.
S’autoriser le plaisir comme acte de santé
Ce qui est beau, dans tout ça, c’est que la liste est infinie et accessible. Pas besoin de produits coûteux ni de retraites en montagne. La sensation nourrissante est partout, pour qui prend le temps de la cueillir. Nous baignons dans cette mer de sensations, à nous de choisir les ondulations ou les déferlantes.
Le café du matin qu’on prend pour vrai, la petite minute pour y goûter, sans l’écran, en sentant la chaleur de la tasse dans les mains. Le jardin qu’on regarde vraiment, deux minutes, même une seule minute, sans penser à autre chose. La douche qu’on prend en y étant. La main qu’on tient un peu plus longtemps que d’habitude. Le pas ralenti dans le bois. La caresse au chien. La musique qu’on écoute pour de vrai, pas pour remplir un espace.
Et puis, pour ceux qui en sentent le besoin, et nous en avons tous besoin de temps en temps, il y a la possibilité de s’offrir une heure de toucher attentif, professionnel, d’une présence pleine. Une heure où votre vigie peut enfin descendre de sa tour. Où le corps reçoit, sans avoir à donner. Où les ondulations corporelles remplacent les ondulations cérébrales. Une heure dont on sort, parfois, en découvrant ou redécouvrant, ce que ça pouvait être, être dans le rien. C’est l’heure des Ondulations thérapeutiques.
Le chemin de la sensation, on le redécouvre à chaque petit moment de plaisir vrai. Et chaque pas sur ce chemin nourrit l’organisme tout entier.
Alors, la prochaine fois que vous hésiterez à prendre ce bain, à enfiler ce chandail doux, à recevoir ce massage, à vous attarder un peu plus longtemps dans les bras d’un être cher, ne vous demandez plus si vous l’avez mérité, car mériter implique une action ; ce n’est pas une gâterie, c’est une nourriture. Demandez-vous plutôt depuis combien de temps vous n’avez pas vraiment nourri votre système nerveux. C’est aussi difficile à bien envisager qu’une blessure émotive de laquelle s’écoule un sang invisible. La nourriture du système nerveux est elle aussi invisible et pourtant tellement concrète dans ses effets.
Votre corps vous remerciera. Avec un sommeil plus profond, une digestion plus calme, une humeur plus stable, une santé plus solide, un corps plein d’énergie. Et avec ce petit quelque chose de difficile à nommer, mais qu’on reconnaît tout de suite quand il revient : le sentiment d’être bien dans sa peau. Au sens le plus littéral du terme.
Références
1- Robert Ornstein, David Sobel, Les vertus du plaisir, Robert Laffont, 1992.
2- David Servan-Schreiber, Guérir, Pockett, 2011.Bibliographie
Maurice Kriegel, Le chemin de la sensation, Souffle d’Or.
Doc Childre, Howard Martin, L’intelligence intuitive du cœur, Ariane, 2005. -
Chronique avril 2026: Le lien avec l’inconscient
La rencontre de deux Inconscients :
quand l’Inconscient touche l’Inconscient« Tu ne peux rejoindre l’inconscient de l’autre que si tu es toi-même dans ton inconscient. »
Denis LafontaineCette affirmation révèle une vérité essentielle des approches corporelles. Elle nous dit que la technique, aussi raffinée soit-elle, ne suffit jamais. Ce qui transforme véritablement, c’est la qualité de présence du praticien, sa capacité à suspendre son aspect contrôlant pour accueillir ce qui émerge dans la rencontre. C’est sa capacité à faire fi de soi pour laisser la place entière à la personne qui reçoit.
Les mouvements fluides et ondulants, c’est bien plus qu’un relâchement musculaire. Ils tissent une continuité, une trame qui invite le receveur à se déposer dans une autre couche de conscience. Mais cette invitation ne porte fruit que si le praticien lui-même habite cette couche.
Imaginez un instant : vous recevez un massage. Les mains qui vous touchent sont techniquement impeccables. Les pressions sont justes, les transitions sont douces, le rythme est régulier, tout est parfait. Pourtant, quelque chose manque. Vous sentez que le praticien est ailleurs, qu’il suit un protocole, qu’il pense peut-être à sa prochaine séance ou à sa liste d’épicerie. Ses mains font leur travail, mais elles ne vous rencontrent pas vraiment. Son esprit est ailleurs.
Maintenant, imaginez d’autres mains. Elles ne sont peut-être pas plus habiles techniquement, mais quelque chose d’autre se passe. Ces mains écoutent. Elles semblent capter votre rythme intérieur, épouser vos besoins avant même que vous les formuliez. Elles entendent ce que vous n’avez pas dit (1). Vous sentez que la personne qui vous touche est vraiment là, présente, habitée. Vous vous sentez écouté/e. Et c’est cette présence qui vous permet de lâcher prise, de descendre dans vos propres profondeurs.
La différence entre ces deux expériences ? Dans la première, rien à reprocher techniquement. Dans la seconde, le praticien est lui-même en contact avec son inconscient ; il a syntonisé une fréquence. Non seulement il est en contact avec lui-même, mais il vous laisse toute la place.
J’ai lu quelque part qu’un maître ne t’impose pas son point de vue, il t’amène à l’endroit où il est et te laisse voir à partir de ce point de vue. Il t’amène en haut de la montagne pour que tu voies par toi-même.
Que signifie être dans son inconscient ?
L’envers du décor : ce qui se passe chez le/la massothérapeuteCette expression peut sembler paradoxale. Comment peut-on consciemment être dans son inconscient ? Pourtant, c’est exactement de cela qu’il s’agit : cultiver une attention particulière qui permet d’accueillir ce qui émerge des couches profondes de notre être sans le filtrer immédiatement par le mental.
Quand vous donnez une séance de travail corporel depuis cet état, vous sentez ce qui se passe chez lui/elle. Vos mains sont des antennes. C’est une information, une résonance. Votre inconscient corporel dialogue avec le sien. C’est comme syntoniser une émission avec votre poste de radio, vous devenez à l’écoute d’une émission passionnante : celle des réponses des tissus. Le docteur Trager disait justement : « Ce qui m’intéresse, c’est la réponse des tissus ».
Vous accueillez les sensations inattendues, les impulsions de modifier votre toucher sans savoir pourquoi. Au lieu de les rejeter comme des distractions, vous les reconnaissez comme des messages de cet espace partagé qui se crée dans la rencontre.
Cette posture demande un courage particulier : celui de l’abandon, du lâcher prise, de la vulnérabilité, de la confiance dans les processus inconscients. Il faut accepter de ne pas tout contrôler, de ne pas savoir à l’avance où la séance va mener. Comme on l’entend dans une vidéo de l’institut Esalen, « We must trust that our hands are more intelligent», avoir confiance que nos mains sont intelligentes. Certes, nous devons répondre à une attente de notre client, mais qui sait, ce sera plutôt une autre chose qui deviendra une priorité.
C’est un paradoxe : pour offrir un cadre vraiment sécurisant au client, le praticien doit lui-même se retirer, faire abstraction de lui-même pour lui laisser toute la place. Il doit lâcher l’armure du technicien qui sait et qui contrôle pour devenir un compagnon de voyage intérieur. (2)
Cela ne signifie pas perdre ses repères ou dissoudre les limites professionnelles. Au contraire, cette ouverture exige une discipline rigoureuse de connaissance de soi et le maintien d’un cadre éthique solide. C’est précisément parce que vous avez exploré vos propres limites que vous pouvez garder votre distance professionnelle, celle qui fait abstraction de votre état, celle qui nous éloigne des transferts et projections sur autrui. Accompagner l’autre sans vous y perdre.
Un état qui se cultive
Loin d’être un état mystérieux ou inaccessible, être dans son inconscient est une pratique qui se cultive et s’affine au fil des années. C’est un état très facile à accéder, encore faut-il lui laisser de la place. Ça commence par de petits gestes quotidiens.
Avant d’entrer dans votre salle de massage, prenez quelques instants pour vous centrer. Sentez vos pieds au sol, votre respiration, le mouvement de votre colonne vertébrale. Laissez tomber les préoccupations de la journée. Arrivez dans votre propre corps avant de toucher celui de l’autre.
Au début de chaque séance, posez vos mains, sans intention de corriger quoi que ce soit, pour prendre contact, observer le schéma corporel, écouter. Qu’est-ce qui se présente ? Quelle est la qualité de ce corps sous vos mains ? Laissez-le vous informer avant de décider de votre approche.
Pendant la séance, maintenez une attention double : à la personne que vous touchez, bien sûr, mais aussi à votre propre état, car si vous développez des tensions, elles vont interférer dans votre travail. Comment votre propre corps répond-il ? Quelles sensations émergent en vous ? Cette auto-observation n’est pas une distraction, elle est au contraire votre principal instrument de perception.
On parle souvent de fluidité, de continuité, d’enveloppement. Mais ces qualités techniques ne prennent leur pleine dimension que lorsqu’elles portent cette présence incarnée. Vos mouvements deviennent alors une conversation silencieuse où deux inconscients se rencontrent, se reconnaissent, et collaborent au processus de transformation.
Le corps de votre client n’est pas un objet à manipuler, c’est un sujet avec lequel dialoguer. Et ce dialogue ne se fait pas par les mots, mais par une présence à présence, corps à corps, profondeur à profondeur.
C’est dans cet espace de co-création inconsciente que réside la puissance particulière d’une approche psychocorporelle. Quand vous touchez depuis votre propre profondeur, vous offrez à l’autre la permission tacite d’accéder à la sienne. Votre état intérieur devient une invitation. Vous parlez le même langage.
L’art de la rencontre
On ne peut rejoindre l’inconscient de l’autre qu’en étant soi-même dans son inconscient. Cette phrase est devenue pour moi un rappel constant, presque un mantra. Avant chaque séance, elle me ramène à l’essentiel : non pas ce que je vais faire, mais comment je vais être. Ida Rolf a dit (traduction libre) : « Ce n’est pas comment profond vous allez, mais comment vous allez en profondeur. » (3) La profondeur étant ici, vous vous en doutez maintenant, la profondeur de l’être entier.
Car au final, ce n’est pas une série de techniques à appliquer, mais une qualité de présence à cultiver (4).
Un art de la rencontre où vos mains deviennent le pont entre deux mondes intérieurs, permettant à quelque chose de profond et d’essentiel de circuler.
- Journal d’un masso : Une conversation sans mots – Revuemajulie, juillet 2025.
- Mon Voyage intérieur – Revuemajulie , février 2026.
- Massage profond – Revuemajulie
- L’art de la présence – Revuemajulie , mai 2025.
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Chronique septembre 2025: les mains portent un message
Une réflexion sur le message que les mains envoient au corps en massage
La main, messagère de liberté - Revuemajulie
La main, messagère de liberté
« The Trager® Approach is a hands-on approach in which my mind transmits a message of lightness or freedom to my hands, which are working on the tissues of my patient. »
Milton Trager, M.D.« L’Approche Trager® est une méthode manuelle où l’esprit du praticien insuffle un message de légèreté et de liberté à travers ses mains,
qui, à leur tour, oeuvrent sur les tissus du receveur. »
Milton Trager m.d.Autrement dit, un toucher attentif, sans volonté de corriger, mais porté par un élan : celui de transmettre une sensation de légèreté et de liberté.
L'écoute avant l'action
Mon souhait, à travers ce toucher, est d’offrir un soulagement physique à la personne que j’accompagne, mais aussi — et peut-être surtout — de lui permettre de ressentir son corps avec plus de vivacité, plus de clarté, plus de liberté.
Il est courant de venir consulter pour soulager des tensions : douleurs musculaires, crispations nerveuses liées au stress. Dès que je pose mes mains, ma première intention n’est pas d’agir, mais d’écouter. D’entendre ce que les mots ne disent pas (1). C’est le début d’une conversation silencieuse : l’écoute. Puis, tout doucement, un dialogue s’installe. Comme dans cette phrase que j’aime tant : « Mes mains insufflent un message de légèreté et de liberté. »
Souvent, la raison initiale de la consultation – cette douleur dans…, ce tiraillement au niveau de… – diminue d’elle-même, parfois sans qu’on s’y attarde directement. Car ce que je transmets ne passe pas par le langage verbal, mais par la qualité de présence. C’est un message silencieux, mais perceptible, un état intérieur qui se traduit via le toucher, par ma manière d’entrer en relation avec les tissus.
Simplement être là
Je veux que la personne se sente accueillie, sans pression, sans attente. Qu’elle n’ait rien à prouver, rien à performer, rien à endurer. Qu’elle puisse simplement être là, telle qu’elle est, dans l’instant. Que son corps aussi puisse faire une pause, desserrer ses mécanismes de défense, et s’ouvrir à une autre possibilité : quelque chose de plus doux, plus fluide, plus vivant.
La main qui suggère
Ma main ne pousse pas. Elle ne force rien. Elle invite. Elle évoque. À travers ce toucher, je transmets un état d’esprit, un climat intérieur. Lorsque je suis calme, curieux, ouvert, alors mon toucher devient le prolongement naturel de cette qualité. Ce n’est pas une technique que j’applique de l’extérieur, mais une relation subtile entre deux mondes sensibles.
Le corps qui s'apaise
La main, ici, ne manipule pas : elle communique. Elle dit au corps : « Je suis là, je t’écoute, je ne te juge pas. » Comme un enfant qui exprime sa douleur se calmera lorsqu’il se sent écouté, le corps entend ce message : je t’écoute. Et lorsqu’il est sincère, il touche quelque chose de profond, d’archaïque même : le besoin fondamental de se sentir en sécurité, reconnu, respecté.
La confiance ne se décrète pas
Avec le temps, j’ai appris que le corps devient bien plus réceptif lorsqu’il se sent en confiance. Et cette confiance ne se décrète pas. Elle ne se force pas. Elle émerge… d’elle-même. Elle naît de l’intention, de la qualité de présence, de l’absence de jugement.
Lorsque je pose mes mains avec cette attention calme et bienveillante, c’est comme si je donnais aux tissus la permission d’exister autrement. Je ne cherche pas à les corriger. Et pourtant, c’est précisément cette absence d’intention corrective qui permet le changement. Le système nerveux perçoit cette neutralité, cette absence de menace, et s’apaise. Il commence à écouter mes mouvements.
Le nerf avant le muscle
N’oublions pas que ce sont les nerfs qui commandent les muscles. Un toucher respectueux, doux, peut apaiser le système nerveux, et c’est alors tout le corps qui commence à se réorganiser, parfois même dans des zones que je n’ai pas touchées.
Une fluidité retrouvée
Mon souhait est que la personne reparte non seulement avec un soulagement physique, mais aussi avec une sensation plus vaste : celle d’avoir été profondément respectée, dans toutes les dimensions de son être. Et peut-être, ne serait-ce qu’un instant, d’avoir retrouvé cette qualité oubliée : une fluidité intérieure.
(1) Revue ma Julie, tome 8, vol 1, Juillet 2025.
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Chronique juillet 2025: Journal d’un massothérapeute
Une réflexion sur ce qu'un massothérapeute observe: Le langage du corps
Une conversation sans mots - Revuemajulie[
Journal d’un massothérapeute :
une conversation sans mots
Claire franchit la porte de mon bureau cet après-midi, son corps racontant déjà toute une histoire avant même que ses lèvres ne s’entrouvrent. Son épaule droite, sa démarche mesurée, presque prudente, montrent au monde toute cette douleur intérieure qu’elle porte. Lors de l’interview préliminaire, j’écoute ses demandes verbales tout en observant ce langage plus subtil que son corps exprime. Je l’invite à s’allonger sur la table avec ma vieille blague habituelle : « Ma table a tellement d’expérience qu’elle va commencer pendant que je me retire pour me laver les mains. » Un sourire timide apparaît sur son visage. La salle est baignée d’une lumière douce et, avec son accord, je propose le bruit des vagues plutôt qu’une musique – ce rythme éternel qui nous rappelle que tout est mouvement, que tout est flux et reflux. Je laisse un certain choix à mes clients : silence pour être à l’écoute de leur intérieur, musique, son d’un feu qui crépite, les vagues, le chant des baleines.
Je l’invite à s’allonger sur la table avec ma vieille blague habituelle :
« Ma table a tellement d’expérience qu’elle va commencer pendant que je me retire pour me laver les mains. » Un sourire timide apparaît sur son visage. La salle est baignée d’une lumière douce et, avec son accord, je propose le bruit des vagues plutôt qu’une musique – ce rythme éternel qui nous rappelle que tout est mouvement, que tout est flux et reflux. Je laisse un certain choix à mes clients : silence pour être à l’écoute de son intérieur, musique, son d’un feu qui crépite, les vagues, le chant des baleines.De retour auprès d’elle, je pose mes mains. Je ne « fais » pas encore, je suis simplement présent. J’écoute. Ses tissus me parlent d’histoires que les mots ne savent pas raconter. Une contraction ici, une résistance là. Mon mental voudrait déjà planifier, analyser, mais aujourd’hui, je choisis de laisser mes mains mener la danse. J’entre en contact dans un état réceptif, d’écoute ; un dialogue ne commence-t-il pas par l’écoute ?
Je prends le poids de sa tête sans autre mouvement. Je propose un léger bercement, son corps répond, le dialogue commence. Et la danse s’amorce : « It takes two to tango ». Milton Trager disait : « Ce qui m’intéresse, c’est la réponse des tissus. » Cette phrase guide ma pratique chaque jour.
Les premiers mouvements sont comme une valse lente. Je sens sa respiration s’approfondir. Son corps commence à s’abandonner, millimètre par millimètre, la carapace protectrice commence à fondre. Je remarque un mouvement qui passe moins bien. Mes mains s’y attardent, non pas avec l’intention de « réparer », mais d’écouter. Sans chercher à comprendre, sans jugement, j’observe. J’entre en conversation avec cette résistance, lui proposant de relâcher, selon son chemin, ce qu’elle a pris comme fardeau. En anglais, on dit « unwinding », comme le ressort du vieux cadran qui lâche.
Chaque couche de tension se libère à son rythme, tout comme une livre de beurre qui se laisse dégeler progressivement à température ambiante. Cette image me fait sourire intérieurement, mais elle est juste – la chaleur de mes mains, la qualité de ma présence offrent l’environnement où les tissus peuvent naturellement retrouver leur souplesse.
Mes mains proposent, explorent maintenant un rythme plus ample, créant une vague de mouvement qui se propage à travers tout son corps. Le rythme s’accélère légèrement, puis ralentit. Je sens que ses tissus commencent à fondre sous mes mains. « Comment ça peut être plus léger ? Comment ça peut être plus libre ? » Ces questions silencieuses guident mon toucher.
C’est fascinant d’observer comment le corps répond quand on lui donne l’espace et le temps pour s’exprimer. Sans forcer, sans brusquer, sans imposer ma volonté ou ma technique. Simplement en étant présent et en suivant ce dialogue tactile.
Il y a ce moment, cette pause – mes mains se reposent un instant. Ni elle ni moi ne bougeons. Moment d’intégration, diraient certains. C’est dans ces instants suspendus que je sens le plus intensément cette conversation silencieuse. Parfois, c’est un tremblement intérieur qui fait surface, le non mouvement laisse de la place à un spasme pour s’exprimer, comme si nos systèmes nerveux se synchronisaient, comme si une forme de communication plus ancienne que les mots prenait le relais.
Je me rappelle les enseignements de Wilhelm Reich sur l’armure caractérielle – ces couches de tensions musculaires chroniques qui enferment les émotions. Sous mes doigts, je sens une de ces cuirasses commencer à se dissoudre tout en douceur, harmonieusement, parce que je ne force rien, je laisse la place. Je me souviens d’une cliente qui s’est mise à rire durant cette pause. Elle a dit : « C’est comme si je flottais dans l’eau. » Ça ne se serait jamais produit si je l’avais saoulée de mouvements consécutifs sans pause. L’impact du « rien », c’est ça.
J’ai remarqué une résistance subtile dans son bras droit, je propose un mouvement qui rencontre cette résistance, une réticence à lâcher prise, elle se protège, mais de quoi ? Je ne sais pas. Plutôt que d’insister, je diminue l’amplitude, comme si je chuchotais plutôt que de crier « Tu dois relâcher. » Avez-vous déjà essayé de chuchoter à votre chat ? Il tend l’oreille, devient réceptif, intéressé. C’est exactement comme ça que j’approche la tension : l’invitant à relâcher, à écouter mon message tactile plutôt que d’entrer en bataille avec la tension qui résulte dans un réflexe de protection.
Cette danse intuitive où chaque mouvement répond au mouvement précédent dans une chorégraphie qui s’écrit à mesure qu’elle se déploie. Cet état mental que j’affectionne et ma cliente le ressent.
À mi-séance, le changement dans le schéma corporel de Claire est remarquable. Cette asymétrie des épaules que j’avais notée à son arrivée s’est considérablement atténuée comme par magie, son corps reprend « sa » place. Sa respiration est maintenant profonde, régulière. Son visage s’est détendu, les plis d’inquiétude entre ses sourcils se sont estompés. La coquille de tensions commence à craquer.
Je passe aux jambes, avec cette sensation étrange et familière que mes mains savent exactement où aller, à quel rythme bercer cette magnifique jambe. J’observe sans intention comment la vague s’étend peu à peu jusqu’à la tête, créant une sensation d’intégration et d’unité. Les ondulations, tout comme les vagues de la mer, se répandent de plus en plus dans le corps qui s’abandonne, qui se laisse charmer par le doux rythme de l’océan.
C’est dans ces moments que je sens le plus profondément cette vérité qui guide ma pratique : mes mains sont plus intelligentes que mon mental. Elles perçoivent les micro-tensions, les flux d’énergie, les blocages subtils que mon esprit rationnel ne pourrait jamais détecter. C’est comme jouer … En pratique, c’est ce que je fais depuis le début.
Lorsque la séance approche de sa fin, comme une conversation qui arrive naturellement à sa conclusion, les mouvements deviennent plus légers, plus espacés. Les ondulations ont fait leur effet d’apaisement sans que je n’aie rien fait d’autre qu’écouter, répondre, dialoguer avec respect des limites. Je termine par un contact simple sur le front.
Claire reste quelques minutes en silence sur la table après la fin du massage. Je me retire pour lui laisser cet espace d’intégration tellement savoureux. Quand elle se redresse enfin, je suis frappé par la transformation. Sa posture est plus ouverte, plus ancrée. Son regard est clair, présent. Le tout sans que je n’aie rien « fait ».
« J’ai senti que vous écoutiez vraiment mon corps. » Je souris. Ce n’était pas moi qui écoutais, ce sont mes mains qui ont mené cette conversation silencieuse. Elles ont dansé avec ses tissus, ses tensions, ses résistances. Elles ont parlé un langage plus ancien que les mots. Ce que j’ose appeler le premier langage, car c’est avec la peau que s’établit le premier contact avec le monde à la naissance : retourner à la source.
Après son départ, je prends quelques minutes pour noter ces observations. Chaque séance est unique, chaque corps raconte une histoire différente. « Normal ! », me direz-vous, personne n’a les mêmes tensions musculaires. Je vous réponds que personne n’a le même ensemble de tensions psycho-corporelles. Si j’accepte comme massothérapeute qu’il y a plus que des muscles à prendre soin, si je m’ouvre, une autre dimension devient accessible. L’approche intuitive que j’ai développée au fil des années me permet d’entrer dans cette conversation silencieuse avec une présence totale.
Je repense à ma formation initiale, où je m’accrochais tellement aux protocoles, aux techniques. Aujourd’hui, je comprends que la véritable maîtrise commence lorsque l’on accepte de lâcher prise, de faire confiance à cette intelligence des mains, à cette sagesse du toucher.
Ce que je fais n’est pas seulement une technique, c’est une philosophie du toucher. Cette approche m’a appris que le corps ne ment jamais. Il raconte toujours sa vérité à qui sait l’écouter. Et parfois, pour vraiment écouter, il faut se taire et laisser parler ses mains.
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Chronique mai 2025, Être présent
Une réflexion sur l'impact d'être ici maintenant
L’art de la présence
The subtle shifting of weight on your feet
will bring you into a state of nothingness.
And this state of nothingness is everything.
Milton Trager, m.d.
Traduction libre :
Le subtil changement de poids sur vos pieds
vous plongera dans un état de néant.
Et cet état de néant est tout.La façon dont nous nous tenons, comment nous plaçons notre poids sur nos pieds facilite la connexion avec notre corps. En prenant conscience de ce changement subtil, nous pouvons nous ancrer dans le moment présent, créant ainsi un espace propice à la guérison. C’est un des principes des Mentastics®
L’art de la présence
Lorsque nous recevons un massage, il arrive que nous naviguions entre deux eaux, entre le tangible et l’intangible, entre le corps et l’esprit.
Nous sommes souvent confrontés à notre corps chargé de tensions, de douleurs et de souffrances. Pourtant, au-delà de ces manifestations physiques, il existe un espace sacré, un état de néant, où tout est possible. Cet article vous invite à explorer comment la subtilité du changement de poids sur vos pieds peut ouvrir la porte à cet état de présence, essentiel dans notre pratique.Le poids de la présence
Lorsque nous recevons un massage, un soin corporel, il est crucial de comprendre l’importance de la présence de la part de notre thérapeute. La présence ne se limite pas à être physiquement là ; elle implique une connexion profonde entre deux êtres. C’est un espace privilégié où, d’une façon plus concrète, le système nerveux pourra entrer en repos.
Comme client, vous avez une responsabilité : avant de commencer la séance, prenez un instant pour vous centrer, être présent. Pensez à ce transfert de poids sur vos pieds. Cela peut sembler anodin, mais ce simple exercice vous amène à un état de calme intérieur. Ce calme est essentiel pour établir un lien authentique avec votre praticien et profiter d’un soin qui va au-delà de … En cultivant cette attention à votre propre corps, vous devenez un canal d’énergie, prêt à vous accueillir avec l’aide de votre thérapeute.
Votre praticien Trager a lui aussi une responsabilité : celle de faire le vide pour être sincèrement à l’écoute de ce que ses mains vont percevoir. Cet état, nous l’appelons « Hook-Up » : « You can only pass on what you have developed in yourself! » (Milton Trager). Vous ne pouvez transmettre que ce que vous avez développé en vous-même !
L’état de néant : un présage de guérison
Plonger dans cet état de néant n’est pas une fuite de la réalité, mais plutôt une immersion dans un espace de potentiel infini. Dans cet état, nous pouvons nous libérer des préoccupations, des attentes et des jugements qui nous empêchent souvent d’être pleinement présents. C’est ici que la magie opère. Les mouvements à la fois légers et précis, tellement simples que c’en est déroutant d’efficacité. En réponse à ce respect, les schémas de protection se dissipent, les tensions commencent à se dissoudre, non seulement dans le corps, mais aussi dans l’esprit. Milton Trager disait souvent que les tensions étaient maintenues dans la partie inconsciente de notre esprit ; je dirais accumulées, inscrites par différents traumas vécus tout au long de notre vie. (Et pourquoi donc les gens développent des raideurs en vieillissant, pensez-vous ?)
En Trager, lorsque nous atteignons cet état de néant, nous ouvrons la voie à une expérience plus profonde. Les clients peuvent ressentir une libération émotionnelle, une prise de conscience de leur corps et une reconnexion avec leur essence. C’est cet état de connexion et de présence qui favorise une guérison authentique, alignant le corps et l’esprit dans un même mouvement.
L’approche Trager : un pont vers l’éveil
L’approche Trager, développée par Milton Trager, se concentre sur le mouvement et la conscience corporelle. Le but étant d’apporter des sensations agréables qui apaisent le système nerveux. Elle s’intègre parfaitement à cette exploration de l’état de néant et de présence. En Trager, nous apprenons à utiliser des mouvements doux et fluides pour aider nos clients à relâcher les tensions et à redécouvrir leur corps. Le corps a une intelligence propre et en l’écoutant, nous pouvons accéder à des niveaux de conscience plus profonds.
There is no limit in the development of the mind
as there is no limit to the feeling of the body.
Milton Trager, m.d.
Traduction libre :
Il n’y a pas de limite au développement de l’esprit,
tout comme il n’y a pas de limite aux sensations que le corps peut capter.En tant que massothérapeutes, intégrer les principes de Trager dans notre pratique peut enrichir notre capacité à créer cet état de néant. Les mouvements doux et les manipulations légères favorisent un relâchement profond, permettant à nos clients de se plonger dans cet espace de potentiel. En pratiquant une attention consciente à notre propre corps et à celui de notre client, nous devenons des facilitateurs ouvrant la voie à une transformation profonde.
L’art de la présence
En tant que massothérapeutes, notre rôle ne se limite pas à traiter des douleurs physiques, mais à accompagner nos clients vers un état de bien-être plus global. L’état de Hook-Up, semblable à un état méditatif, nous permet d’entrer en dialogue hors du mental avec le receveur. En cultivant une présence ancrée et en accueillant l’état de néant, nous pouvons nous transformer et améliorer à la fois notre vie et celle de nos clients. Il s’agit là d’un outil et c’est à nous de l’utiliser en pleine conscience.
Rappelez-vous que le subtil changement de poids sur vos pieds peut être le premier pas vers un état de néant, un espace où la guérison peut véritablement commencer. En étant pleinement présents, nous offrons à nos clients bien plus qu’un soin corporel : nous leur offrons la possibilité de se reconnecter à leur essence et de découvrir le potentiel infini qui réside en eux.
Pour vivre cette expérience, prenez rendez-vous: 438-862-0593
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Chronique avril 2025: Muscles douloureux, c’est juste physique?
Réflexion sur les muscles: sommes nous juste une collection de muscles ?
Chers muscles douloureux
Une révolution douce pour apaiser les tensions musculaires
Allons droit au but : les tensions musculaires s’accumulent insidieusement jusqu’à former ces fameux nœuds douloureux que nombre d’entre nous connaissons trop bien. Face à cette problématique, diverses approches thérapeutiques proposent des solutions, souvent associées à l’idée qu’il faut « défaire » ces nœuds, parfois douloureusement. Et si une alternative plus douce existait pour détendre vos muscles douloureux ?
Depuis quelques dizaines d’années, la perspective du massage et de la massothérapie a grandement évolué. Dans mon dernier article, je vous parlais du livre de Pascal Bruckner, Je souffre donc je suis, aux éditions Grasset. Dans son livre, l’auteur nous parle de cette tendance à valoriser la souffrance comme marqueur d’authenticité, voire d’efficacité. L’idée de « no pain no gain » (pas de douleur, pas de gain) est encore ancrée dans l’esprit de plusieurs, comme si un massage indolore ne pouvait être efficace. Y aurait-il un petit côté religieux dans tout cela, héritage de notre éducation ?
Récemment, lors d’un webinaire, Tom Myers clarifiait la différence entre profond et dur. Le massothérapeute peut travailler très profondément en étant léger, mais précis, dans les mouvements alors que travailler « dur » (rough) sera douloureux. Tom Ockler disait : « le maximum de précision, le minimum de force ».
Imaginez pouvoir libérer vos tensions, vos muscles douloureux sans cette appréhension de la douleur, sans vous faire « rentrer dedans », comme on l’entend communément. Il y a une approche thérapeutique encore méconnue du grand public, qui opère selon un principe fondamentalement différent des techniques manuelles conventionnelles.
Le Trager, de son côté, se distingue par des mouvements, des bercements qui dans un premier temps vont améliorer la mobilité. Ces mouvements sont à la fois faciles à recevoir et aisés à dispenser pour le thérapeute. De plus, il agit sur le système nerveux plutôt que sur les muscles eux-mêmes. Cette subtilité fait toute la différence. En effet, nos tensions musculaires sont souvent le résultat de signaux nerveux persistants, vestiges de mécanismes de protection que notre corps a mis en place face à un stress, un traumatisme ou une posture contraignante répétée.
Au lieu de s’attaquer frontalement au symptôme – le muscle douloureux – nous visons à remonter à la source : le dialogue entre le système nerveux et les muscles. Par des mouvements délicats, rythmiques et non invasifs, le Trager parvient à contourner intelligemment les réflexes de protection qui maintiennent la tension. L’idée est d’envoyer des signaux de légèreté, d’aisance à la partie non consciente, au système nerveux.
L’état d’esprit du thérapeute constitue un élément essentiel de la méthode. Ancré dans une présence attentive, il développe une écoute fine des réactions du corps, créant un espace de confiance où le système nerveux peut progressivement abandonner ses mécanismes de défense. Cette rétroaction permanente entre le praticien et le patient permet d’ajuster les mouvements avec une précision intuitive remarquable.
La première chose que la plupart des gens mentionnent après une séance de Trager, est la sensation de légèreté (1). Les séances se caractérisent par cette douceur paradoxalement efficace. Aucune force n’est exercée pour briser les noeuds du corps. Au contraire, le thérapeute guide les mouvements naturels, les amplifie délicatement, un peu comme l’automobiliste calé dans la neige bercera son véhicule faisant en sorte de repousser graduellement la limite du banc de neige pour s’en dégager. L’idée est de suggérer au système nerveux qu’il peut relâcher, accédant à de nouvelles possibilités de détente. C’est cette communication silencieuse qui permet de calmer progressivement les signaux d’alerte envoyés aux muscles.
Les effets sont souvent surprenants. Là où certaines techniques génèrent un soulagement immédiat suivi d’un retour rapide des tensions, le Trager semble induire des changements plus profonds et durables. Les patients décrivent fréquemment une sensation de légèreté inhabituelle, comme si le corps redécouvrait sa mobilité naturelle après avoir longtemps porté une armure invisible. (2)
Au-delà de l’aspect purement physique, cette approche touche également à la dimension psycho-physique, ce qui définit bien son champ d’action. Nos contractions musculaires chroniques sont souvent les gardiens silencieux d’émotions non exprimées, de stress accumulé ou de traumatismes anciens. Par son approche respectueuse, cette approche apprivoise ces mécanismes de protection.
Cette méthode nous invite également à repenser notre rapport au massage. Dans une société valorisant souvent l’action directe et immédiate, elle nous rappelle que la douceur et le respect des rythmes naturels du corps peuvent s’avérer plus efficaces que l’intervention forcée, voire douloureuse. Elle incarne cette sagesse de l’eau selon laquelle la voie de moindre résistance peut parfois nous mener plus loin que l’affrontement direct.
Le Trager nous propose une solution : parfois, pour résoudre un problème profondément ancré, il s’agit de créer les conditions propices pour que le corps retrouve, de lui-même, son équilibre naturel. Ce qui va aussi dans le sens de « Positional release » de Leon Chaitow, aux éditions Churchill Livingstone.
- Une évasion vers le bien-être : légèreté et fluidité – Revuemajulie septembre 2024
- Être Prisonnier – Revuemajulie janvier 2025
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Chronique février 2025: Un corps sans âge
Un corps sans âge
« An ageless body is one that gracefully moves through space.
It remains true to its wave nature with movements that are flowing and confident, not rigid and cautious. »
(Milton Trager)« Un corps intemporel est celui qui se déplace avec grâce dans l’espace.
Il reste fidèle à sa nature ondulante avec des mouvements fluides et confiants, non pas rigides et circonspects. »
(Milton Trager m.d.)Le vie est mouvement
Le corps intemporel, un corps sans âge n’est pas celui qui défie les années, mais celui qui embrasse sa véritable nature : celle du mouvement perpétuel. Nous avons tendance à oublier que nous sommes des êtres de mouvement, conçus pour onduler, flotter, danser avec l’existence. Trop souvent, nous nous retrouvons prisonniers de schémas corporels rigides, façonnés par nos modes de vie sédentaires, nos expériences désagréables et nos habitudes restrictives qui se sont inscrits inconsciemment dans notre physique en réflexes de protection.
Cette rigidité n’est pas simplement physique ; elle reflète une approche mentale du mouvement. Nous développons une relation précautionneuse avec notre corps, le traitant comme une machine fragile qu’il faut protéger plutôt que comme un instrument naturel de l’expression de la vie. Cette attitude circonspecte se manifeste dans chacun de nos gestes : la façon dont nous nous levons le matin, dont nous marchons dans la rue, dont nous interagissons avec notre environnement. Nos mouvements deviennent calculés, mesurés, tout à l’opposé de leur spontanéité originelle.
Pourtant, il suffit d’observer un enfant pour comprendre ce qu’est véritablement le mouvement naturel. Les enfants ne « décident » pas de bouger – ils sont le mouvement. Leurs gestes sont fluides, spontanés, expression pure de leur élan vital. Ils n’analysent pas leurs mouvements, ne les jugent pas, ne les contraignent pas dans des schémas préétablis. Cette liberté de mouvement est notre état naturel, notre héritage oublié.
Le corps sans âge est celui qui retrouve cette liberté primordiale. Ce n’est pas une question d’âge chronologique, mais de qualité de présence (1) tant de la part du thérapeute que de la personne qui reçoit.. Quand nous bougeons avec fluidité, nous transcendons le temps linéaire pour entrer dans un espace où chaque geste est une célébration de l’instant présent. Les mouvements fluides et confiants émergent d’une conscience corporelle éveillée, d’une écoute profonde de nos sensations.
Cette fluidité naturelle n’est pas un don réservé à quelques-uns, mais un potentiel inhérent à chaque être humain. Notre corps est naturellement ondulant, ces ondulations ont un impact thérapeutique, comme l’eau d’une rivière qui s’adapte à chaque contour sans perdre sa nature essentielle. Les tensions, les rigidités que nous accumulons sont comme des barrages qui entravent ce flux naturel. La voie de l’eau, voie de fluidité est ouverte, les barrages peuvent être dissous, permettant au mouvement de retrouver sa liberté originelle.
La question qui se pose alors est : comment retrouver cette fluidité naturelle ? Comment libérer notre corps des contraintes qui l’emprisonnent pour lui permettre de retrouver sa grâce innée ? C’est ici que les ondulations thérapeutiques du Trager® apportent une réponse particulièrement pertinente. Cette méthode allie douceur et profondeur en utilisant des mouvements rythmiques et des bercements pour rappeler au corps sa nature ondulante fondamentale.
Un massothérapeute en approche psycho-corporelle ne forcera pas le corps à changer, il l’invite plutôt à se souvenir. Il est un accompagnant qui propose des mouvements respectueux et des touchers attentifs (2). Il crée un dialogue avec le système nerveux, permettant au corps de relâcher ses tensions profondes et de redécouvrir sa capacité naturelle à se mouvoir avec aisance et grâce. Votre praticien œuvre dans un état semblable à la méditation, un état de réceptivité, de dialogue au-delà du mental (sujet d’une future chronique). Cette approche ne vise pas à « corriger » le corps mais à l’accompagner dans un processus vers sa sagesse innée.
Ainsi, le corps intemporel est une possibilité bien réelle qui sommeille en chacun de nous. À travers des approches comme le Trager, ou encore le massage momentum, nous pouvons entreprendre ce voyage de retour vers notre nature fluide et confiante, libérée des rigidités et des appréhensions qui entravent notre expression naturelle. (3)
Louis-Michel est massothérapeute, praticien Trager depuis 1997 et praticien Momentum depuis 2004.
Son approche toute en écoute fera de votre session un moment privilégié.- Revue Ma Julie, L’art de la présence, t. 7, vol. 11
- Revue Ma Julie, L’art du toucher, t.7, vol. 6
- Revue Ma Julie, Prisonnier de son corps t.7, vol.7
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Chronique février 2025: Ces schémas qui nous limitent
"Une exploration sur nos schémas acquis
suite à des traumas tant physiques qu'émotionnels
et une piste de solution."
Ces schémas corporels qui nous limitent - Revuemajulie -
Chronique septembre 2024: Une Évasion Vers le Bien-Être : légèreté fluidité
La sensation de légèreté et de fluidité que l’on ressent lors d’une séance de Trager est l’un des aspects les plus appréciés de cette approche thérapeutique. Effectivement, dès les premiers mouvements, le receveur est transporté dans un univers de bien-être où le corps et l’esprit s’harmonisent. A la base, le/la praticien.ne oeuvre dans un état d’écoute, proposant des mouvements et demeurant à l’écoute des réponses, c’est un dialogue non verbal qui débute.
Les mouvements respectueux et fluides vont au-delà des simples gestes. En effet, le praticien étant à l’écoute des réponses du receveur permet d’établir une connexion entre les deux, favorisant une dynamique de confiance essentielle à la détente rejoignant ainsi le système nerveux para sympathique. Le praticien inspire le receveur à se détendre et à relâcher les tensions que le mental entretient. C’est une danse délicate qui initie un dialogue subtil entre le corps et l’esprit.
Au coeur de cette pratique, les mouvements de balancement et de mobilisation articulaire jouent un rôle primordial. Ces techniques, lorsqu’elles sont exécutées avec soin, permettent d’induire une véritable prise de conscience corporelle. Le receveur commence à ressentir ses articulations, ses muscles et même sa respiration d’une manière nouvelle. C’est un moment propice à la reconnexion avec son propre corps, souvent négligé dans le tumulte de la vie quotidienne.
Les mouvements doux encouragent un relâchement naturel des tensions, car ils sont réalisés dans le respect des limites de chacun. Le praticien, attentif aux réactions du receveur, ajuste ses gestes pour ne pas déclencher de réflexes de protection. Ce respect des limites personnelles permet au receveur de se sentir en sécurité, de s’abandonner sans crainte aux bercements et se laisser porter par les vagues de sensations qui émergent durant la séance. Ces vagues se répandent dans tout le corps favorisant un état quasi méditatif de relaxation.
Les blocages se dissipent, et une légèreté inédite prend place, permettant à l’esprit de s’évader des pensées oppressantes. Cet effet de fluidité est souvent perçu comme une libération : les pensées deviennent plus claires, l’humeur se stabilise, et le corps se revigore.
Bien au-delà de la simple relaxation, le Trager a des bénéfices durables. Les séances régulières peuvent favoriser une amélioration de la posture, améliorer la mobilité et souvent la réduire les douleurs chroniques (1). Les participants trouvent souvent qu’ils se déplacent avec plus d’aisance et de légèreté, tant dans leur corps que dans leur esprit.
En conclusion, la pratique du Trager offre un voyage sensoriel vers un état de bien-être supérieur, une invitation à lâcher prise et à redécouvrir son corps. La légèreté et la fluidité qui en résultent sont le reflet d’un esprit reposé et d’un corps revitalisé. Que vous soyez novice ou bien avancé dans votre cheminement personnel, le Trager est une expérience enrichissante à explorer pour ceux en quête d’harmonie et de sérénité. Ainsi, cette méthode se révèle être une clé vers une existence plus équilibrée et connectée.
Accordez vous cet instant de sérénité. 438-862-0593
(1) https://www.tragerquebec.com/uploads/2/4/0/8/24082114/massager_trager_30-2.pdf
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