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Chronique mars 2026: le voyage, la suite
La suite du ressenti possible ….
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Chronique février 2026: le voyage intérieur
Une exploration sur ce qu’une personne ressent lors d’un Trager, première partie
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Chronique janvier 2026: la pyramide des besoins
Une réflexion sur l’organisation de nos besoins corporels
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Chronique décembre 2025: l’éveil
Une réflexion sur ce que le corps peut nous guider vers l’éveil
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Chronique novembre 2025: nous sommes bien plus que nos douleurs
Une réflexion que parfois nous nous identifions à nos bobos, certains en font leurs conversations
La vie au-delà …
Lorsque les douleurs musculaires s’installent, elles deviennent souvent le centre de notre attention. Nous consultons en urgence, cherchant le soulagement immédiat. Douleur = problème à régler. Cette équation nous maintient dans un cycle où nous oublions l’essentiel : nous sommes bien plus que nos limitations physiques.
Mais que se passerait-il si nous ne nous arrêtions pas à cette première conclusion ? Et si, comme un voyageur qui découvre une cuisine étrangère aux saveurs inattendues, nous nous ouvrions à un territoire sensoriel encore inexploré ?
1.1 La tentation de s’arrêter trop tôt
Un corps souffrant entrave notre fonctionnement au travail, notre vie sociale et notre estime personnelle. Pensez aux « tamalou », ces personnes qui socialisent au café en parlant essentiellement de leurs douleurs. Leur esprit, concentré sur la souffrance, peine à s’élever vers d’autres expériences. Pensons aussi aux expériences chez HeartMath : se souvenir cinq minutes d’une expérience douloureuse, comme une colère, affaiblit le système immunitaire pour quelques heures. (1)
Pourtant, il y a un au-delà. Les approches comme le tai-chi ou encore le yoga nous enseignent quelque chose de précieux : le corps n’est pas qu’un assemblage de muscles à maintenir en état de marche, c’est un océan de sensations subtiles. Dans les mouvements lents et fluides, on découvre des courants d’énergie, des équilibres délicats. C’est comme passer d’une cuisine fade à une gastronomie raffinée – soudain, il y a des nuances que nous ne soupçonnons pas.
1.2 Une invitation
Les approches psychophysiques en massothérapie s’inscrivent dans cette même philosophie. Souvent, à cause d’idées préconçues, le massage n’est envisagé que sur le plan physiologique – défaire les nœuds, relâcher les tensions. Pourtant, certaines approches comme le Trager, les Ondulations Thérapeutiques ou le Momentum (style Esalen) proposent bien plus.
Par des mouvements respectueux – bercements, jeu avec le poids du corps, libération d’espaces articulaires – ces approches nous reconnectent à des parties souvent négligées de notre expérience corporelle. Le but n’est pas seulement de « réparer », mais d’offrir un espace de découverte.
Ce n’est pas un espace où l’on somnole passivement. C’est un lieu de présence calme, intensément vivant. C’est la découverte de sensations fines – une qualité de fluidité articulaire, une respiration qui se déploie différemment, une sensation d’expansion – qui rejoignent le système nerveux au-delà des douleurs, apportant un sentiment profond de paix qui est au-delà de la simple détente.
Dans l’approche Trager, le praticien cultive un état de présence méditative (2) créant un champ d’expérience où le receveur peut se reconnecter à sa nature essentielle. Face à une résistance musculaire, plutôt que de forcer, on diminue la pression, on écoute, on apprivoise – comme on apprendrait à goûter un aliment inconnu sans préjugé.
1.3 Découvrir
Bien que 80 % des gens consultent en massothérapie pour des douleurs musculaires, beaucoup oublient, une fois l’urgence passée, qu’il existe un mieux-être au-delà. Tout un continent de sensations agréables attend d’être découvert. (3)
Habiter son corps évoque une présence, une conscience qui transcende la chair. Comme un gourmet qui découvre une nouvelle cuisine, nous pouvons apprendre à savourer notre corps autrement – non plus seulement comme un problème à résoudre, mais comme une source d’expériences sensorielles riches et nourrissantes.
La lumière ... au bout du tunnel
Ces approches corporelles nous rappellent que nous ne sommes pas nos douleurs. Elles nous invitent à redécouvrir cette lumière intérieure qui ne demande qu’à briller au-delà des limitations physiques, nous guidant vers une vie plus légère, plus libre et plus épanouie.
Il suffit parfois d’accepter de goûter à autre chose, d’aller au-delà de notre territoire de sensations.
Références :
- Guérir, David Servan-Schreiber, éd. Pocket 2003, p.85
- L’art de la présence, Revuemajulie T. 7, vol. 10, avril 2025
3. Trager et développement personnel, Revuemajulie T. 7, vol. 9, mars 2025
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Chronique octobre 2025: une autre vision
Réflexions sur le travail corporel souvent appelé massage
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Chronique septembre 2025: les mains portent un message
Une réflexion sur le message que les mains envoient au corps en massage
La main, messagère de liberté - Revuemajulie
La main, messagère de liberté
« [The Trager® Approach] is a hands-on approach in which my mind transmits a message of lightness or freedom to my hands, which are working on the tissues of my patient. »
Milton Trager, MD« L’Approche Trager® est une méthode manuelle où l’esprit du praticien insuffle un message de légèreté et de liberté à travers ses mains,
qui, à leur tour, oeuvrent sur les tissus du receveur. »
Dr Milton TragerAutrement dit, un toucher attentif, sans volonté de corriger, mais porté par un élan : celui de transmettre une sensation de légèreté et de liberté.
Mon souhait, à travers ce toucher, est d’offrir un soulagement physique à la personne que j’accompagne, mais aussi — et peut-être surtout — de lui permettre de ressentir son corps avec plus de vivacité, plus de clarté, plus de liberté.
Il est courant de venir consulter pour soulager des tensions : douleurs musculaires, crispations nerveuses liées au stress. Dès que je pose mes mains, ma première intention n’est pas d’agir, mais d’écouter. D’entendre ce que les mots ne disent pas (1). C’est le début d’une conversation silencieuse : l’écoute. Puis, tout doucement, un dialogue s’installe. Comme dans cette phrase que j’aime tant : « Mes mains insufflent un message de légèreté et de liberté. »
Souvent, la raison initiale de la consultation – cette douleur dans…, ce tiraillement au niveau de… – diminue d’elle-même, parfois sans qu’on s’y attarde directement. Car ce que je transmets ne passe pas par le langage verbal, mais par la qualité de présence. C’est un message silencieux, mais perceptible, un état intérieur qui se traduit via le toucher, par ma manière d’entrer en relation avec les tissus.
Je veux que la personne se sente accueillie, sans pression, sans attente. Qu’elle n’ait rien à prouver, rien à performer, rien à endurer. Qu’elle puisse simplement être là, telle qu’elle est, dans l’instant. Que son corps aussi puisse faire une pause, desserrer ses mécanismes de défense, et s’ouvrir à une autre possibilité : quelque chose de plus doux, plus fluide, plus vivant.
Ma main ne pousse pas. Elle ne force rien. Elle nÀ travers ce toucher, je transmets un état d’esprit, un climat intérieur. Lorsque je suis calme, curieux, ouvert, alors mon toucher devient le prolongement naturel de cette qualité. Ce n’est pas une technique que j’applique de l’extérieur, mais une relation subtile entre deux mondes sensibles.’impose pas un mouvement. Elle suggère. Elle invite. Elle évoque.
La main, ici, ne manipule pas : elle communique. Elle dit au corps : « Je suis là, je t’écoute, je ne te juge pas. » Comme un enfant qui exprime sa douleur se calmera lorsqu’il se sent écouté, le corps entend ce message : je t’écoute. Et lorsqu’il est sincère, il touche quelque chose de profond, d’archaïque même : le besoin fondamental de se sentir en sécurité, reconnu, respecté.
Avec le temps, j’ai appris que le corps devient bien plus réceptif lorsqu’il se sent en confiance. Et cette confiance ne se décrète pas. Elle ne se force pas. Elle émerge… d’elle-même. Elle naît de l’intention, de la qualité de présence, de l’absence de jugement.
Lorsque je pose mes mains avec cette attention calme et bienveillante, c’est comme si je donnais aux tissus la permission d’exister autrement. Je ne cherche pas à les corriger. Et pourtant, c’est précisément cette absence d’intention corrective qui permet le changement. Le système nerveux perçoit cette neutralité, cette absence de menace, et s’apaise. Il commence à écouter mes mouvements.
N’oublions pas que ce sont les nerfs qui commandent les muscles. Un toucher respectueux, doux, peut apaiser le système nerveux, et c’est alors tout le corps qui commence à se réorganiser, parfois même dans des zones que je n’ai pas touchées.
Mon souhait est que la personne reparte non seulement avec un soulagement physique, mais aussi avec une sensation plus vaste : celle d’avoir été profondément respectée, dans toutes les dimensions de son être. Et peut-être, ne serait-ce qu’un instant, d’avoir retrouvé cette qualité oubliée : une fluidité intérieure.
(1) Revue ma Julie, tome 8, vol 1, Juillet 2025.
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Chronique août 2025: la profondeur en massage
Une réflexion sur ce que peut être la profondeur dans une approche corporelle
Massage profond - Revuemajulie[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]Massage profond
It is not how deep you go
it is how you go deep
(Ida Rolf)
Ce n'est pas à quel point vous allez profond
c'est la manière d'aller profond (qui compte)Il existe une sagesse ancienne qui traverse les siècles et transforme notre compréhension du toucher thérapeutique, des thérapies corporelles. Ida Rolf, visionnaire du mouvement corporel, nous a légué cette perle : « Ce n’est pas à quelle profondeur vous allez, c’est comment vous allez en profondeur. » Ces mots résonnent comme une invitation à repenser entièrement notre approche du massage, « massage » étant pris ici dans son sens large incluant les approches, les thérapies corporelles, « bodywork »..
Quand la force devient obstacle
Imaginez un instant que le massage soit semblable à la cuisine. Un plat saturé d’épices est-il nécessairement plus nourrissant qu’une préparation délicate et équilibrée ? La réponse est évidente. Pourtant, une croyance tenace persiste dans l’univers du massage : plus c’est intense, plus c’est efficace. Plus le thérapeute appuie fort, mieux c’est.
Cette conception erronée traverse les générations, adoptée autant par les clients que par certains praticiens. Le résultat ? Un cercle vicieux où la douleur devient le baromètre de l’efficacité. Mais que se produit-il réellement lorsqu’on force les tissus ? Le corps, dans sa sagesse innée, active ses mécanismes de défense. Il se contracte, se raidit, s’oppose à cette intrusion. Soulagement temporaire, le vieux schéma va revenir (1). C’est l’inverse de ce que nous recherchons.
Milton Trager l’exprimait avec une clarté lumineuse : « C’est la façon dont je touche et non la technique qui est importante. » (2) Cette phrase révèle l’essence même de cette approche. Parfois, un chuchotement porte plus loin qu’un cri. Parfois, un toucher doux et précis atteint des profondeurs qu’aucune pression forte ne saurait rejoindre.
L’intelligence du toucher
Nos mains possèdent une intelligence propre (2), une capacité innée à percevoir et à communiquer qui dépasse largement notre compréhension rationnelle. Cette intelligence tactile se développe à travers l’expérience, mais elle ne peut s’épanouir que dans un terreau fertile : celui de la présence consciente.
Un toucher véritablement conscient, respectueux et observateur déploie ses effets bien au-delà des muscles. Il influence le système nerveux, apaise l’état émotionnel, éveille la conscience corporelle et nourrit le sentiment de sécurité. C’est dans cette qualité de présence que se révèle notre véritable expertise, transformant un geste technique en authentique rencontre thérapeutique.
Tom Myers, figure emblématique du travail corporel, témoigne de cette vérité : il raconte avoir reçu un soin profond lors d’une séance de thérapie crânio-sacrée, technique qui utilise des pressions aussi légères que le poids d’une pièce de monnaie. La profondeur n’était pas dans la force, mais dans la qualité de l’intention et de la présence. (3)
La rencontre avec l’être entier
Ida Rolf nous rappelle une vérité fondamentale : « Un être humain est un tout qui est plus grand que la somme de ses parties. » Cette perspective transforme radicalement notre approche. Il ne s’agit plus seulement de traiter des muscles ou des articulations à l’endroit des douleurs, mais de rencontrer une personne dans sa globalité. Il s’agit AUSSI plus concrètement de voir comment le client peut lui aussi écouter en observant ce qui cause ses douleurs.
L’écoute devient alors notre premier outil. Prendre le temps d’observer au-delà des mots ce qui se déploie vraiment. Percevoir non seulement les besoins physiques, mais aussi le poids du stress, le fardeau des responsabilités (4), la douleur d’une maladie, et mille autres nuances qui composent l’expérience humaine.
Dans cette approche, inspirée du massage momentum, il s’agit d’abord d’observer le schéma corporel sans vouloir changer quoi que ce soit au départ. Simplement entrer en contact, créer un espace de confiance où la transformation peut naturellement émerger.
La magie de la présence authentique
Quand la qualité du toucher s’unit à une présence authentique, quelque chose de magique se produit. Les tensions se relâchent non par contrainte, mais par invitation. Les tissus s’ouvrent, se détendent, retrouvent leur vitalité naturelle. Le corps se réorganise de l’intérieur, selon sa propre sagesse.
C’est le toucher conscient (3) soutenu par une compétence physiologique, sans que celle-ci ne domine la séance. Le toucher enveloppant guidé par la technique. Le toucher joyeux aussi, car notre façon de concevoir et de parler du soin influence profondément l’expérience de celui qui le reçoit.
Une leçon pour la vie
Cette sagesse du massage profond nous enseigne quelque chose de plus vaste. Dans nos existences, nous cherchons souvent à aller vite, à forcer les choses, à obtenir des résultats par la seule intensité de nos efforts. Ida Rolf nous rappelle qu’il existe une autre voie : celle de la qualité, de la présence, de l’écoute patiente.
Finalement, que ce soit dans le massage profond ou dans l’existence, la véritable profondeur n’est pas une question de force. Elle est une question d’art, de finesse, de respect du rythme naturel de la vie. C’est dans cette approche que se révèle la beauté du toucher qui soigne : non pas comme une technique à appliquer, mais comme une rencontre à célébrer.
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(1) Les schémas : Revue ma Julie, tome 7, volume 8, février 2025.
(2) Art du toucher : Revue ma Julie, tome 7, volume 6, décembre 2024.
(3) Art de la présence : Revue ma Julie, tome 7, volume 11, mai 2025.
(4) Journal d’un masso : Revue ma Julie, tome 8, volume 1, juillet 2025. -
Chronique juillet 2025: Journal d’un massothérapeute
Une réflexion sur ce qu’un massothérapeute observe: Le langage du corps
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Chronique juin 2025: Un corps sans âge, sans étiquette
Une réflexion sur habiter son corps
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