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  • Chronique mars 2026: le voyage, la suite

    La suite du ressenti possible ....

    Le voyage intérieur (suite) - Revuemajulie

    Le voyage intérieur, la suite

    Le voyage continue…

    Et là, je n’arrive plus à avoir la moindre pensée. Je suis devenu une poupée de chiffon. Je suis sur le ventre, quel chemin la vague va-t-elle prendre ?

    L’ondulation se fait dans mon mollet, je découvre une sensation nouvelle pour moi qui a le mollet assez raide, plutôt dur… je ressens la liberté s’installer graduellement. Chaque rebond apporte de l’apaisement.

    La vague, cette fameuse vague du Trager, elle se répand, je goûte… Impossible de penser, je suis plongé dans la sensation…

    Le mouvement suivant, (il me dira le nom après), la bicyclette, ça commence par la cuisse qui se met à onduler et ensuite… je ne me suis jamais fait « brasser » le « popotin » de cette manière. Mon postérieur est comme du jello. La vague du jello ? Hi hi hi.

    Louis-Michel appelle le mouvement suivant  « la pâte à pain ». Cela m’amène à observer mon corps, prendre conscience… Les fessiers travaillent fort et là ils acceptent de relâcher et la vague, mais quelle vague, j’ondule de la tête aux pieds, je SUIS devenu la vague.

    Une pause, ça me laisse le temps d’intégrer, la boisson pétillante se calme, drôle de sensation. La vague est toujours présente bien que je ne bouge plus ; bizarre comment les effets durent. La plupart du temps, on me touche tout le temps et là je suis content d’être sans toucher, de prendre ce moment pour être présent à mon corps.

    Le bercement du bassin, quelle merveille de sensation de soulagement au bas du dos et, je me répète, toujours cette ondulation. C’est comme la goutte qui crée des ondes dans l’eau. Les mains qui créent ces ondes sont enveloppantes.

    Mon dos, enfin mon dos. Je ne pensais pas que ce dernier avait autant besoin d’une présence attentionnée.

    Mes chères épaules… celles-ci cachent les racines de mes ailes d’ange, comme le dit Louis-Michel. Les assouplir, donner de l’espace, les « fluffer »  comme on le fait avec autant de légèreté que les plumes de l’oreiller.

    Et que dire de « Chopin », en l’honneur de ce pianiste qui croisait les mains tellement il jouait vite… la vague est partout, à la longueur de mon corps.

    Retour sur le dos, c’est pénible tellement mon corps est relâché.

    Retour au cou, la tête tourne, incroyable à quel point elle tourne, je le sens comme un cou de chouette. Je sens ma tête se promener dans tous les sens. Mais non, je ne perdrai pas la tête.

    Autre pause… laisser le pétillement s’apaiser.

    Il soulève ma tête avec de la tendresse, une infinie lenteur que je ne peux faire autrement que lâcher, en tout respect de mes entorses du passé, du souvenir des limitations qui fondent. Il me dira après que ses mains en coupe ont à peine quitté la table alors que j’ai eu l’impression qu’il l’avait montée très haut, j’avais la tête dans les nuages. Il me dira par la suite que l’image qu’il entretient lors de ce mouvement est justement un nuage qui flotte dans le ciel ; c’est incroyable de constater qu’une image peut se transmettre par la sensation, par la connexion.

    Quelques derniers bercements, un doux étirement pour compléter le tout.

    Le Trager, c’est une présence à mon corps dans le bien-être. Habiter mon corps dans tous ces espaces dont je suis inconscient, dont j’étais inconscient.

    Alors que souvent le corps se manifeste, qu’il nous rappelle sa présence par la douleur, cette séance appelle cette présence dans  le confort. C’est un message que ces vagues envoient à mon corps, message de confiance, d’écoute, le message que je suis accueilli.

    La connexion, pas la correction.

    En résumé, c’est une sensation de paix, de souplesse et de légèreté.

    Curieusement, j’étais très présent et à la fois déconnecté. Comment dire ? 

    « Avant, ce ne sont que des mots. Après, les mots sont inutiles. »
    Dr. Milton Trager

  • Chronique février 2026: le voyage intérieur

    Journal d'un massothérapeute ch. 1

    Une exploration sur ce qu'une personne ressent lors d'un Trager, première partie

    Mon Voyage intérieur - Revuemajulie

    Après un échange sur mes besoins avec mon thérapeute,
    je m’installe sur la table de massage, sur le dos.
    Elle est confortable.
    La pièce respire la détente.

    Un sourire s’inscrit sur mes lèvres en pensant à sa phrase : « Installez-vous sur la table sur le dos, elle a tellement d’expérience qu’elle va commencer la séance pendant que je me lave les mains. »

    Louis-Michel cogne doucement, attend ma réponse avant d’entrer. Belle marque de respect.

    Quelques questions : « Avez-vous assez chaud ? Désirez-vous des traversins sous les genoux ? Votre confort est important, ça va vous aider à relâcher. »

    Il commence par le cou. Pas de manœuvre ciblée, mais une prise de contact. J’ai l’impression qu’il écoute, observe, ressent.

    Et le voyage commence. Tantôt une douce pression pour descendre mes épaules. Hi hi! Je ne m’étais même pas rendu compte que je les retenais. Ça m’amène à observer ce qui se passe dans son toucher. Ensuite, des pressions toutes en douceur ferme sur mes épaules vers la table. On dirait un chat.

    C’est alors qu’il me dit : « Saviez-vous que nos manoeuvres ont toutes un nom ? » « Non. » « Eh bien, devinez ce que c’était… » « On aurait dit de grosses pattes de chat moelleuses! » Rires.

    La valse commence dans le silence. Je sens les mouvements un peu comme avec de l’élastique dans les pressions. Maintenant, il invite ma tête à rouler sur le côté. Sa main glisse sur le cou comme une caresse attentive qui donne de la longueur, alors que son autre main continue sur l’épaule. C’est coordonné, rassurant. Une sensation d’ouverture s’installe. Ma tête se fait bercer avec toute l’attention qu’on pourrait donner à un nouveau-né.

    Petite pause. Ça me permet de ressentir ce qui s’est passé. C’est la première fois qu’on me laisse le temps de goûter. Un peu comme dans un repas nourrissant où on fait une petite pause, une gorgée, qui permet d’apprécier.

    … petite pause

    Les jambes. Les jambes ? Ah oui ? Je m’attendais à ce qu’on s’attarde aux épaules, mais enfin. Les jambes, une à la fois. Une traction, comme on m’a dit après : « On enlève le lousse », pas plus. C’est comme si on tirait sur mon élastique et que ça montait jusqu’à la tête. Je suis surpris.

    Bien que la détente s’installe – maintenant je sais que je ne me ferai pas « rentrer dedans » – je suis tellement curieux des sensations insoupçonnées que je reste, non pas vigilant, mais simplement à l’écoute.

    Ma jambe se fait bercer. Je sens le rebond de mon pied. On dirait une vague, une ondulation qui monte jusqu’à ma tête qui ondule légèrement.

    On lève ma jambe et puis… ben oui, j’aide.

    Louis-Michel me dit : « Vous êtes une personne serviable, vous ? » « Comment ça ? » « Vous m’aidez ! » Rires. Sa phrase était bien ciblée, car je prends conscience d’un certain contrôle. Et là s’installe ce relâchement qui fait que j’ai senti la table me recevoir dans tout mon corps.

    Autre pause. Je goûte, comme entre deux bouchées, la pause qui permet de mieux savourer la suivante.

    … petite pause

    Et là, c’est un peu plus « vigoureux ». Le poids de ma jambe… Juste à soulever  ma jambe par le pied, je l’ai sentie devenir lourde. Ensuite, tout en la soulevant, j’ai senti qu’on lançait mon talon. Quelle sensation de légèreté !

    Petite pause. Une seconde pour reposer ma jambe et c’est reparti : soulever, légèreté, et ce mouvement ondulatoire qui monte jusqu’à la tête. Pas de mots. Juste cette sensation. Je découvre que je ne suis peut-être pas aussi tendu que je le pensais.

    … petite pause

    Ma jambe est redéposée avec respect. Toujours la petite pause, à peine quelques secondes, mais c’est suffisant. J’ai l’impression qu’on fait ces pauses pour que mon corps ne soit pas « saoulé » de mouvements. Ou encore pour laisser baisser les bulles du verre de liqueur, tsé, si on veut le boire ! Rire intérieur.

    Là, on sculpte mon bras avec une telle présence qu’il ne peut faire autrement que devenir une guenille. Le bercement du bras – il est tout mou, un peu comme une aile, une plume au vent. Paradoxe : il est léger dans le mouvement et tellement lourd qu’il entre dans la table une fois déposé.

    Mes mains. Faire bouger tous ces petits os un à un. Ressentir chacun d’eux. Enlever le « lousse». Ressentir ce petit élastique dans chaque articulation, c’est délicieux.

     ... petite pause

    Le poignet devient tout libre. C’est comme si je faisais des bye-bye. Rire intérieur.

    Toujours la petite pause.

    Ah yé ! LES ÉPAULES !

    Un peu comme au début : douce pression, une patte de chat sur l’épaule, l’autre sur les côtes, les deux pattes à la fois. Hi hi hi !

    Je sens ma cage thoracique s’ouvrir et se détendre. Ma respiration, je la découvre. Un ami amérindien m’avait dit : « Vous les Blancs, vous respirez juste assez pour survivre. »

    Je sens un bras passer sous mon cou, une main sur mon épaule de l’autre côté. Mon thorax s’ouvre. Ma respiration s’apaise comme si mon corps s’ouvrait.

    Il étire doucement mon bras latéralement, le balance, mon coude devient un pendule ; pour peu, je sentirais ça comme une aile qui bat au vent.

    Je me retourne sur le ventre et ça continue … à suivre ...

    Louis-Michel Martel , tous droits réservés

     

  • Chronique novembre 2025: nous sommes bien plus que nos douleurs

    Une réflexion que parfois nous nous identifions à nos bobos, certains en font leurs conversations

    La vie au-delà ... - Revuemajulie

    La vie au-delà …

    Lorsque les douleurs musculaires s’installent, elles deviennent souvent le centre de notre attention. Nous consultons en urgence, cherchant le soulagement immédiat. Douleur = problème à régler. Cette équation nous maintient dans un cycle où nous oublions l’essentiel : nous sommes bien plus que nos limitations physiques.

    Mais que se passerait-il si nous ne nous arrêtions pas à cette première conclusion ? Et si, comme un voyageur qui découvre une cuisine étrangère aux saveurs inattendues, nous nous ouvrions à un territoire sensoriel encore inexploré ?

    1.1       La tentation de s’arrêter trop tôt

    Un corps souffrant entrave notre fonctionnement au travail, notre vie sociale et notre estime personnelle. Pensez aux « tamalou », ces personnes qui socialisent au café en parlant essentiellement de leurs douleurs. Leur esprit, concentré sur la souffrance, peine à s’élever vers d’autres expériences. Pensons aussi aux expériences chez HeartMath : se souvenir cinq minutes d’une expérience douloureuse, comme une colère, affaiblit le système immunitaire pour quelques heures. (1)

    Pourtant, il y a un au-delà. Les approches comme le tai-chi ou encore le yoga nous enseignent quelque chose de précieux : le corps n’est pas qu’un assemblage de muscles à maintenir en état de marche, c’est un océan de sensations subtiles. Dans les mouvements lents et fluides, on découvre des courants d’énergie, des équilibres délicats. C’est comme passer d’une cuisine fade à une gastronomie raffinée – soudain, il y a des nuances que nous ne soupçonnons pas.

    1.2  Une invitation

    Les approches psychophysiques en massothérapie s’inscrivent dans cette même philosophie. Souvent, à cause d’idées préconçues, le massage n’est envisagé que sur le plan physiologique – défaire les nœuds, relâcher les tensions. Pourtant, certaines approches comme le Trager, les Ondulations Thérapeutiques ou le Momentum (style Esalen) proposent bien plus.

    Par des mouvements respectueux – bercements, jeu avec le poids du corps, libération d’espaces articulaires – ces approches nous reconnectent à des parties souvent négligées de notre expérience corporelle. Le but n’est pas seulement de « réparer », mais d’offrir un espace de découverte.

    Ce n’est pas un espace où l’on somnole passivement. C’est un lieu de présence calme, intensément vivant. C’est la découverte de sensations fines – une qualité de fluidité articulaire, une respiration qui se déploie différemment, une sensation d’expansion – qui rejoignent le système nerveux au-delà des douleurs, apportant un sentiment profond de paix qui est au-delà de la simple détente.

    Dans l’approche Trager, le praticien cultive un état de présence méditative (2) créant un champ d’expérience où le receveur peut se reconnecter à sa nature essentielle. Face à une résistance musculaire, plutôt que de forcer, on diminue la pression, on écoute, on apprivoise – comme on apprendrait à goûter un aliment inconnu sans préjugé.

    1.3       Découvrir

    Bien que 80 % des gens consultent en massothérapie pour des douleurs musculaires, beaucoup oublient, une fois l’urgence passée, qu’il existe un mieux-être au-delà. Tout un continent de sensations agréables attend d’être découvert. (3)

    Habiter son corps évoque une présence, une conscience qui transcende la chair. Comme un gourmet qui découvre une nouvelle cuisine, nous pouvons apprendre à savourer notre corps autrement – non plus seulement comme un problème à résoudre, mais comme une source d’expériences sensorielles riches et nourrissantes.

    La lumière ... au bout du tunnel

    Ces approches corporelles nous rappellent que nous ne sommes pas nos douleurs. Elles nous invitent à redécouvrir cette lumière intérieure qui ne demande qu’à briller au-delà des limitations physiques, nous guidant vers une vie plus légère, plus libre et plus épanouie.

    Il suffit parfois d’accepter de goûter à autre chose, d’aller au-delà de notre territoire de sensations.

    Références :

    1. Guérir, David Servan-Schreiber, éd. Pocket 2003, p.85
    2. L’art de la présence, Revuemajulie T. 7, vol. 10, avril 2025
      3. Trager et développement personnel, Revuemajulie T. 7, vol. 9, mars 2025
la main therapeutique
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